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800 millions de ces petites batteries sont consommées en France tous les ans, soit 13 en moyenne par français. Même si un cadre règlementaire oblige les distributeurs et fabricants à assurer la gestion de ces déchets classés dangereux et les consommateurs à les trier et à les déposer dans les points de collecte, seules 30 % d’entre elles finissent retraitées dans les filières de valorisation.
Sur les 30.000 tonnes achetées tous les ans, seules 9.000 tonnes environ sont donc retraitées dans des usines de retraitement spécifique où différents procédés chimiques ou thermiques permettent de séparer les composants toxiques (mercure, plomb, cadmium…) et de récupérer les métaux recyclables (acier, zinc, manganèse…). Au global , ce ne sont quand même que 65 % à 75 % maximum de la masse des déchets collectés qui est récupérée au terme d’un processus de valorisation qui a lui-même couté beaucoup d’énergie. Si l’on intègre la dépense énergétique liée à la fabrication des accus en amont, le bilan écologique global est très lourd.
Même si différentes initiatives règlementaires ont permis de descendre graduellement la teneur en métaux toxiques (mercure notamment), d’innombrables composants toxiques sont intégrées à ces petites sources d’énergie si pratiques : plomb, cadmium, nickel, manganèse, lithium. Rejetées dans la nature ou incinérées avec les ordures ménagères, leur toxicité est très importante pour l’environnement et pour l’homme.
Au niveau européen, un arsenal de directives a progressivement orienté depuis le début des années 1990 la naissance d’une filière de collecte et de retraitement ainsi que de seuils limites de présence de certains métaux toxiques (mercure). En droit français, la véritable étape a été franchie en mai 1999 par un décret qui oblige les distributeurs et revendeurs à collecter les batteries usagées vendues et à les remettre aux filières de recyclage. Le 2° volet concerne l’obligation faite aux fabricants d’organiser et de financer la filière de recyclage des piles avec des sociétés de valorisation spécialisées (SCRELEC et son programme Batribox est l’un d’entre eux). Enfin, le consommateur est censé devoir amener ses accus hors d’usage dans les points de collecte spécifique.
La Commission européenne a fixé un taux de collecte de 25 % des ventes annuelles d’ici 2012 et 45 % d’ici 2016. Si la France a déjà atteint son premier objectif, il lui reste encore des progrès à faire dans le recyclage des piles : avec 31 % de collecte, elle occupe la cinquième place au classement européen derrière l'Autriche, la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas.
La question du retraitement rejoint la problématique à laquelle se heurtent les ingénieurs du monde entier depuis plus d’un siècle : le stockage de l‘électricité. Malgré les incontestables progrès réalisés, les résultats restent pour le moins limités et freinent par exemple le développement de la voiture électrique. Au niveau de notre baladeur, radio-réveil, lampe de poche ou des jouets des enfants, c’est la même chose à une autre échelle de puissance.
Les accus rechargeables (Ni-Cd et surtout Ni-MH, beaucoup plus performants) sont la solution la plus évidente puisque leur durée de vie peut atteindre plusieurs centaines de cycles de charge mais elles présentent aussi des limites : puissance, auto-décharge, cadmium très toxique, effet mémoire, coût à l’achat…Nous redécouvrons aussi en ces temps d’énergie chère aussi des dispositifs à dynamos ou électro-magnétique comme cette lampe torche à LED qui se recharge...en la secouant. L'éclairage LED portatif est aussi un incontrounable de l'économie d'énergie
Les batteries au lithium rechargeables et intégrées aux appareils peuvent être une solution sauf si elles contribuent à l’obsolescence programmée de ces mêmes appareils quand elles sont scellées et impossibles à échanger. Les produits fonctionnant à l'énergie solaire ou des innovations comme ce chargeur de piles jetables peuvent aussi être d'intéressantes alternatives.
